Nouvelle journée noire pour le respect des droits et de la dignité humaine à St Etienne.
Par réseau le mercredi 9 juin 2010, 10:40 - infos st-etienne - Lien permanent

Hier, les familles roms occupant l’immeuble de Méons ont été expulsées. Expulsées sans solution donc mises à la rue. C’est à la demande directe du maire de St Etienne puisque la ville est propriétaire.
Sur place la police nationale assure l’opération avec la présence d’un huissier de justice.
Rien ne justifie une telle expulsion hormis la volonté d’en finir avec les bâtiments réquisitionnés par le réseau de solidarité et les autres bâtiments occupés par les familles, comme nous l‘a dit plus tard le directeur du cabinet du maire (voir ci-dessous). Pour Méons ça n’a même pas attendu la fin de l’année scolaire (plusieurs enfants étaient scolarisés à l’école du soleil et au collège Jules Vallès).
Quelques membres du réseau de solidarité étaient sur place, pour d’autres il a fallu un peu insister pour passer le barrage de police et venir donner un coup de main pour tenter de sauver quelques effets. Une entreprise, payée par la ville, commençait déjà à souder les volets. La ville a accepté d’envoyer un camion chercher les affaires.
Un employé municipal nous confirme que le toit de l’immeuble va être détruit. L’huissier l’avait déjà dit à un membre du réseau de solidarité.
Les familles se sont retrouvées sur une pelouse un peu plus loin. Tout le monde est désemparé. Celles qui ont des voitures les ont remplis de matelas, couvertures, ustensiles de cuisines et quelques petits mobiliers. Nous décidons de nous retrouver sur les marches de l’hôtel de ville.
Sur place nous entrons dans le hall de la mairie avec quelques rroms. Des policiers municipaux sont présents. Dès que les autres familles arrivent les portes sont alors fermées.
Nous montons demander une rencontre avec le Maire. Le directeur de cabinet, l’adjoint à la sécurité et un membre du cabinet nous reçoivent. Marie-Pierre demande que les portes de la mairie soient réouvertes. Le directeur de cabinet : « réponse négative ».
Nous réaffirmons que rien ne justifiait cette expulsion. Nous demandons l’arrêt des expulsions et une réunion de travail avec la préfecture, la mairie, les autres collectivités locales, les associations et les familles, pour mettre en route des solutions de logement et d’hébergement décentes et durables.
Après avoir contesté qu’il existe des financements européens pour améliorer les conditions de logement des communautés marginalisées notamment roms, et affirmer que la mairie recevait beaucoup de demandes d’expulsion y compris de l’ADAPEI (le réseau de solidarité à d’autres informations de l’ADAPEI sur le fait qu’elle n’a rien demandé), le directeur de cabinet précise la position de la mairie : « Vous savez comment cette question est contradictoire, on se sent coincé dans cette affaire. La ville de St Etienne est celle en France qui a les niveaux des loyers les plus faibles parce que nous sommes la ville qui a le plus de logements vacants. Donc si on laisse s’installer les squats en trois ans on va voir tripler, quadrupler les squats. (…) Si on cesse cette politique d’expulsion on va voir exploser ces squats. » Une nouvelle version de l’appel d’air avec reconnaissance de la vacance de nombreux bâtiments.
Plusieurs membres d’associations présents insistent sur la demande d’une réunion de travail. «Pourquoi ça ne serait pas la fierté de la ville de recevoir ces gens, pourquoi n’assumez-vous pas cette demande ensemble avec les associations ? » demande quelqu’un ?
Réponse « pourquoi la ville ferait seule l’effort, (…) Aucun maire de l’agglomération n’a répondu à la demande du maire de St Etienne. (…) Pourquoi ne vous adressez vous pas au préfet, au Conseil Général. Vous n’envahissez pas le Conseil Général.(…) ». Les membres des associations protestent : « Nous les faisons aussi … ». Puis énervement du directeur de cabinet avec des mises en cause personnelles, des accusations d’instrumentaliser la cause des roms, les roms viennent à St Etienne, lui a-t-on dit, parce qu’il y a des associations qui les accueillent. « Plus on vous reçoit plus vous venez nous voir »…
Pendant ce temps 30 personnes sont dehors sous la pluie.
Ce soir les familles étaient toujours à la rue. Elles refusent d’aller au bidonville.
Georges Gunther