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sociaux avec de nombreuses autres photos .
Un terrain vague jonché ici ou là de détritus, coincé entre le cimetière de
Montmatre et le chenil, c’est là que se sont regroupés, en désespoir de cause,
les familles roms roumaines expulsées deux fois en deux jours par la préfecture
et la mairie de St-Etienne. 22 enfants dont la majorité a moins de 6 ans, un
bébé de 4 mois et deux de 1 mois, au total 60 personnes environ, fatiguées par
les deux expulsions qu’elles viennent de subir. Expulsion de l’immeuble de la
rue Preynat à Beaubrun (voir), ce 19 Mai au petit matin, sur demande de la
mairie puis, le lendemain matin, de celui du 33 bd de la palle appartenant à
l’OPAC de la ville de St Etienne, dans lequel elles avaient trouvé refuge.
Elles ont passé la nuit entassées dans quelques voitures et les deux ou trois
tentes amenées par des membres du réseau de solidarité et le Secours Populaire.
EMMAÜS a aussi amené dans un camion tout ce qu’ils ont pu rassembler.
La situation est désastreuse. Les enfants bien sûr ne vont plus à l’école.
Les adultes réfléchissent à la façon dont ils vont pouvoir trouver du bois,
divers matériaux pour construire des cabanes. Tous nous disent qu’ils n’en
peuvent plus d’être expulsés, qu’ils veulent pouvoir rester quelque part. Tous
les efforts faits pour scolariser les enfants, gagner une fréquentation
régulière de l’école, sont détruits. Une femme soignée pour le cancer se
demande comment elle va se faire les piqûres journalières prescrites par
l’hôpital.
Un désastre organisé par la mairie et la préfecture qui refusent obstinément
d’examiner toute solution d’hébergement et de logement décente et durable. Lors
d’une récente entrevue demandée par le réseau de solidarité avec les roms,
l’adjoint, représentant le maire, avait redit une énième fois que la mairie
refusait de loger ou d’héberger ces familles, qu’elle avait demandé en priorité
l’expulsion de Preynat et de Méons (un immeuble réquisitionné depuis deux ans
par le réseau de solidarité) tout en n’excluant pas l’expulsion des autres
lieux de vie des familles. Quand à la préfecture elle organise les expulsions
et refuse également toute solution digne. Il y a 7 mois le préfet s’était
engagé à prendre l’initiative d’une rencontre de travail entre les
collectivités territoriales, l’Etat et les associations. Depuis rien.
Préfecture et mairie sont bien responsables de ce bidonville en cours de
constitution à St-Etienne. Au lieu d’aider ces familles à accéder à un logement
ou un hébergement, elles les parquent sur un terrain vague, alors qu’il y a de
nombreux logements et bâtiment vides sur la ville et l’agglomération. Après ça
on pourra toujours avoir de bonnes paroles sur les droits de l’homme et sur les
droits des enfants.
Malgré tout ce que pourront faire les associations, on sait vers quoi cette
situation va déboucher. Un terrain qui va se transformer en gadoue dès la
première pluie, sans WC, les rats qui vont immanquablement arriver, avec les
aboiements des chiens en permanence, l’odeur du chenil qui deviendra vite
difficilement supportable avec la chaleur, l’humidité, la poussière, la saleté.
Et une population qui risque bien d’augmenter si les expulsions continuent.
Voilà comment à St-Etienne on traite les pauvres parmi les pauvres, en
opposition totale avec les traditions de solidarité et d’accueil de la
ville.
Bien sûr cette solidarité commence à nouveau à s’organiser. Immédiatement
EMMAUS, le Secours Populaire, alertés par le réseau solidarité roms, ont
répondu présents. Des travailleurs sociaux du SAMU social sont aussi venus voir
ce qu’ils pouvaient faire. Tout le monde est catastrophé en découvrant la
situation.
Ce matin, la mairie, contactée par un membre du réseau de solidarité a quand
même accepté de mettre un point d’eau et quelques poubelles. Mais, le 1er
adjoint, Mr Coynel, s’est cru autorisé à répondre : « Il faudra que,
le réseau de solidarité, vous veilliez quand même à faire respecter la propreté
». On croit rêver. La mairie expulse ces familles, refuse de les loger,
installe un bidonville sur un terrain vague qui sert depuis plusieurs mois de
décharge, brise une bonne partie du travail des associations, et demande à des
membres du réseau de solidarité qui, bénévolement, tentent d’aider ces
familles, d’assurer la propreté des lieux. Irresponsables, méprisants, honteux,
on ne sait pas trop comment qualifier ce genre de propos. Et pour les WC ?
Là ce n’est pas possible, répond le 1er adjoint, « la mairie ne peut pas
tout faire, demandez à la préfecture ». Lamentable !
Nous publions ci-dessous quelques photos et nous invitons chacun à venir se
rendre compte de la situation sur place, à venir discuter avec les familles de
ce qu’elles ont besoin. Dans l’immédiat elles manquent de tout,
notamment : toiles de tente, bâches, tables, chaises, réchauds et
cuisinières à gaz, matelas, bouteilles de gaz et aussi des pelles, des bêches,
des râteaux, des scies pour nettoyer le terrain, de quoi aussi fabriquer des
toilettes sèches. Chacun peut amener ce qu’il a sur place ou prendre contact
avec des membres du réseau de solidarité (06 82 31 24 86 - 06 28 25 54 35 - 06
83 28 82 17 - 06 09 04 69 98)
Georges Günther